10 octobre · Journée mondiale de la santé mentale
La santé, c’est aussi
la santé mentale
En Afrique, les troubles mentaux sont encore trop souvent confondus avec une faiblesse ou une fatalité. Pourtant, ils se soignent, si les soins arrivent jusqu’aux personnes qui en ont besoin.
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Pour que la santé mentale fasse partie des soins de première ligne
La santé
mentale
On en parle comme d’un supplément de confort. C’est une erreur de fond : sans santé mentale, il n’y a pas de santé. Dépression, anxiété, psychose, épilepsie, troubles liés à la grossesse. Ce sont des maladies, avec des causes, des symptômes et des traitements.
Ce que c’est
Dépression, anxiété, épilepsie, psychose ou traumatisme : ce sont des maladies réelles. Elles touchent la pensée, les émotions, le corps et la capacité à vivre au quotidien.
Pourquoi on ne la voit pas
Parce qu’elle ne laisse pas toujours de trace visible. Les symptômes sont souvent attribués à la paresse, à la sorcellerie ou à un manque de volonté — et la souffrance reste cachée.
Ce que coûte l’absence de soin
Isolement, abandon scolaire, perte de revenus, violence et épuisement des proches. Sans prise en charge, une maladie traitable peut enfermer toute une famille.
Ce qui fonctionne
Des médicaments essentiels, des soignants formés et des agents communautaires capables de repérer, orienter et accompagner les personnes jusque chez elles.
La santé mentale n’est pas un produit de luxe
Article d'opinion par Elisa Vanlerberghe, Memisa
Dans les pays à faible revenu, quatre centimes de dollar par habitant et par an vont à la santé mentale. Le reste, les familles le portent seules. Pourtant ces soins ne demandent pas de médecine de pointe : un soignant de première ligne formé, des médicaments au centre de santé, quelqu’un qui passe à domicile.
Trois leviers concrets
La bonne réponse n’est jamais une action isolée. Elle relie le traitement, la compétence clinique et la présence de proximité.
Des traitements disponibles
Memisa soutient l’approvisionnement des centres de santé et hôpitaux en médicaments psychotropes essentiels. Un stock régulier évite les interruptions qui font rechuter les patients.
Des soignants formés
Médecins, infirmier·es et sage-femmes apprennent à reconnaître les troubles, poser un diagnostic, prescrire avec justesse et écouter sans juger.
Des relais dans les villages
Ils connaissent les familles et parlent leur langue. Formés avec le soutien de Memisa, les agents communautaires repèrent les signes d’alerte, orientent et suivent les traitements à domicile.
Focus sur deux pays
À Boké, une unité ouvre la porte aux soins
A Mangembo, les soins de santé mentale sont disponibles
Dans la presse
Au Kongo Central, faire de la santé mentale un droit universel
Récits de terrain
Quel changement ! Je l’avais découvert attaché à un piquet en métal.
Mamadou se souvient d’un homme maintenu enchaîné pendant quinze ans. Il l’a accompagné au centre de santé, puis a expliqué le traitement, visite après visite. Aujourd’hui, l’homme vit sans chaîne et participe à la vie du foyer.
Écouter sans juger fait déjà partie du soin.
La formation lui a donné des repères pour reconnaître les signes d’alerte et parler de santé mentale avec les familles. Elle sait désormais quand traiter, quand orienter et comment maintenir le lien après la consultation.
Quand on nous a expliqué la maladie, la peur a reculé.
Pendant des mois, la famille ne savait pas vers qui se tourner. Les visites d’un agent communautaire ont permis de comprendre les symptômes, d’organiser les rendez-vous et de redonner une place au proche dans la vie quotidienne.
Une souffrance vue, mais mal comprise
On voit un adolescent qui ne va plus à l’école. Une mère épuisée qui reste couchée. Un homme dont on dit qu’il a « mauvais caractère ». On voit les gestes, les silences, parfois les crises. Mais on ne reconnaît pas toujours la maladie.
Alors les familles font ce qu’elles peuvent. Elles cachent, attachent, isolent ou parcourent des kilomètres sans savoir vers qui se tourner. Ce n’est pas l’indifférence qui manque : c’est l’accès à une réponse claire et proche.
La différence ne tient pas à un miracle. Elle tient à quelqu’un, formé, qui est passé.
Ce que dit l’Organisation mondiale de la Santé
Des ordres de grandeur mondiaux pour mesurer l’écart entre les besoins et l’accès aux soins.
de personnes vivent avec un trouble mental dans le monde.
des personnes concernées reçoivent des soins dans de nombreux pays à faible revenu.
par personne et par an : dépense publique moyenne consacrée à la santé mentale dans les pays à faible revenu.
Sources : Organisation mondiale de la Santé, World Mental Health Report et Mental Health Atlas. Données mondiales et estimations selon les dernières publications disponibles.
Votre don finance trois choses très concrètes
- Des médicaments essentiels disponibles sans interruption.
- La formation des soignants de première ligne.
- La sensibilisation de la population par les relais communautaires.
Mamadou Saliou, agent communautaire à TéliméléSans ces visites, il aurait peut-être été attaché encore quinze ans.
