Un accueil chaleureux pour les bébés prématurés au Bénin

Au Bénin, la mortalité infantile reste encore trop fréquente. Beaucoup de nouveau-nés n’auront malheureusement jamais la chance de grandir en raison de problèmes de santé pourtant évitables. Les bébés ayant un faible poids à la naissance sont particulièrement vulnérables. Une méthode simple et efficace existe pour augmenter leurs chances de survie : la méthode kangourou.
| Memisa est active au Bénin depuis 2014, un pays d’Afrique de l’Ouest comptant environ 15 millions d’habitants. Au Bénin, nous collaborons avec différents partenaires dans le cadre du programme quinquennal que nous mettons en œuvre avec Médecins Sans Vacances et Chaîne de l’Espoir Belgique. La réduction de la mortalité maternelle et infantile y constitue notre priorité. |
Les débuts fragiles d’une petite vie

En 2023, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans au Bénin s’élevait à 78 pour 1 000 naissances vivantes (UNICEF). Bien que ce chiffre ait diminué au cours des dernières décennies, il reste élevé. Chez les nouveau-nés, l’hypothermie constitue l’un des principaux facteurs de risque, en particulier chez les bébés de faible poids à la naissance.
Les bébés prématurés et ceux pesant moins de 2 kg ont des difficultés à réguler eux-mêmes leur température corporelle. Sans soins adaptés, ils sont davantage exposés aux infections, aux problèmes de croissance et au risque de décès.
La force du contact peau à peau
La méthode kangourou, également connue sous le nom de Kangaroo Mother Care (KMC), apporte une réponse à cette problématique. Cette méthode, recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), est simple : immédiatement après la naissance, le bébé est placé en contact peau à peau sur la poitrine de sa mère (ou de son père), bien couvert, afin qu’il reçoive naturellement la chaleur de son parent et puisse mieux réguler sa respiration et sa température. À l’image d’un kangourou qui porte son petit tout contre lui. L’allaitement maternel exclusif fait également partie intégrante de cette méthode.
Des recherches scientifiques montrent que cette méthode réduit considérablement le taux de mortalité chez les bébés ayant un très faible poids de naissance. Elle diminue également le risque de maladies graves et d’infections, raccourcit la durée d’hospitalisation et favorise la prise de poids. En outre, le contact prolongé peau à peau renforce le lien entre le parent et l’enfant.
Une espace dédié pour la mère et l’enfant
Afin d’offrir ces soins dans les meilleures conditions, Memisa a construit en 2023, en collaboration avec AMCES (Association des Œuvres Médicales Privées Confessionnelles et Sociales au Bénin), son partenaire au Bénin, une salle kangourou à l’hôpital La Croix de Zinvié (dans le sud du Bénin). Cette « salle mère kangourou » a été entièrement équipée pour accompagner les mamans et leurs bébés vulnérables dans des conditions sûres.

Dans cet espace, les mères séjournent avec leur bébé pendant deux semaines à trois mois maximum, en fonction des besoins de l’enfant. Les bébés y sont suivis de près par les soignants, tandis que les mamans apprennent à prendre soin de leur enfant, à l’hôpital puis à domicile.
Moins d’inquiétudes, plus de confiance
Nous avons rencontré Aichatou Chabiwowo, pédiatre à l’hôpital de Zinvié. Elle constate de près la différence depuis la mise en place de cette méthode:
« Autrefois, nous laissions ces petits bébés rentrer chez eux avec leur mère le cœur lourd, sans savoir s’ils allaient survivre. Il y avait beaucoup de décès à domicile. Depuis l’arrivée de la salle kangourou, une grande partie de l’angoisse liée à l’issue à la maison a disparu de nos épaules. »

Kinderarts Aichatou Chabiwowo geeft uitleg aan een mama
Avant l’introduction de la méthode kangourou, de nombreux bébés vulnérables quittaient l’hôpital sans que leurs parents sachent précisément comment les garder au chaud et stables à la maison. Cela entraînait régulièrement des complications et des décès à domicile. Aujourd’hui, la salle kangourou permet de garder les bébés plus longtemps sous surveillance médicale et d’accompagner intensivement les parents.
Les mères y apprennent non seulement à appliquer correctement la méthode peau à peau, mais reçoivent également des conseils pour la période suivant la sortie de l’hôpital. Cette préparation fait une grande différence, souligne Aichatou :
« Toutes les mamans qui quittent ce service sont satisfaites. Elles savent mieux comment s’occuper de leur enfant et se sentent beaucoup plus confiantes pour la période qui les attend à la maison. »
Ensemble pour les tout-petits
La méthode kangourou ne nécessite pas de technologie coûteuse, mais bien un encadrement adéquat, une formation appropriée et un espace disponible. Grâce à la collaboration entre Memisa et AMCES, ces éléments sont aujourd’hui réunis à l’hôpital de Zinvié.
Avec la salle kangourou, nous offrons aux bébés les plus petits et les plus vulnérables non seulement de la chaleur, mais aussi le temps de grandir, de se renforcer et de bénéficier d’un meilleur départ dans la vie. Nous donnons également aux mamans la confiance et les connaissances nécessaires pour poursuivre les soins de leur enfant en toute sécurité à la maison.

Memisa et ses partenaires en visite à l’hôpital de Zinvié dans le cadre d’une mission d’évaluation en 2024
| Méthode kangourou <-> couveuses
Les couveuses restent souvent la norme dans les soins aux bébés prématurés ou vulnérables ayant un faible poids de naissance. Elles nécessitent toutefois une alimentation électrique constante et une surveillance intensive. La méthode kangourou propose une alternative : le bébé est placé en contact peau à peau sur la poitrine du parent. Cette approche présente plusieurs avantages : elle renforce le lien entre le parent et l’enfant, aide à réguler la température du bébé sans recourir à l’électricité et peut favoriser une meilleure croissance ainsi qu’une respiration plus calme et régulière. Cette méthode constitue une solution sûre pour de nombreux bébés, augmente leurs chances de bien démarrer dans la vie et a, en outre, des effets psychologiques positifs, tant pour le bébé que pour le parent. |
*Le saviez-vous ? La méthode kangourou est également appliquée dans les hôpitaux belges.


Abley Sylvestre (à gauche), conseiller médical chez AMCES, et Joséphine Dossou (au centre), responsable régionale de Memisa pour le Bénin, en visite auprès d’une patiente à l’hôpital de Zinvié.
