Le pouvoir du théâtre dans les soins de santé mentale

16 / 11 / 2021

Au Burundi, Memisa collabore, entre autres, avec Louvain Coopération, pour renforcer les soins de santé mentale. Cela passe par l’organisation de formations pour le personnel de santé et par la sensibilisation de la population.

Le théâtre comme moyen de sensibilisation

Des vêtements colorés, des mouvements de danse expressifs, des messages forts. À Gashikanwa, Ngozi (nord du Burundi), le théâtre est utilisé pour présenter aux habitants le sujet complexe des soins de santé mentale. Un concours est également organisé et six groupes peuvent présenter leur propre scénario. Un jury les examine attentivement, pèse le pour et le contre et remplit une fiche de notation avec des critères déterminés.

Au Burundi, le théâtre est régulièrement utilisé comme moyen de sensibilisation

©Memisa

Au Burundi, le théâtre est régulièrement utilisé comme moyen de sensibilisation. Et il ne s’agit pas de messages à sens unique : le public est impliqué. Il peut poser des questions, il est encouragé à reconstituer certaines parties ou à participer à un débat.

À Gashikanwa par exemple, les acteurs ont transmis les messages suivants :

  • Les problèmes de santé mentale peuvent être traités. Il est important d’emmener les personnes au centre de santé ou à l’hôpital, car ils ont les médicaments nécessaires
  • Les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale ne devraient pas être emmenées chez les médecins traditionnels
  • Il ne faut pas mélanger l’alcool et des médicaments
  • Les associations de patients peuvent aider à financer des dépenses médicales
  • Un pasteur n’est pas un médecin
  • La responsabilité communautaire est importante. Lorsque vous voyez quelqu’un qui a des difficultés, emmenez-le au centre de santé ou à l’hôpital, même s’il ne fait pas partie de votre famille.

Violences liées au genre et dépression

Dans la municipalité de Nyabikere, à une trentaine de kilomètres à l’est, Souavis Mankirakiza est travailleuse communautaire et présidente de l’association locale des patients. Grâce au projet Twiteho Amagara, elle a reçu une formation sur les soins de santé mentale. Plus particulièrement sur l’épilepsie et la dépression. « Lors des visites à domicile, je remarque que la plupart des patientes sont des femmes. Elles sont devenues dépressives après avoir été victimes de violences. »

Elle souligne qu’au Burundi, les problèmes de santé mentale et la pauvreté vont de pair. « Il est essentiel de soutenir ces patient.e.s et leurs familles. Il faut aussi leur proposer une psychothérapie si nécessaire. Les personnes qui peuvent se tourner vers une association pour y obtenir un soutien (financier) se rétablissent plus rapidement. »

Travailleuse communautaire et présidente de l’association locale des patients

Souavis Mankirakiza, travailleuse communautaire et présidente de l’association locale des patients. ©Memisa

Eugénie acquiesce : « Je souffre de psychose depuis longtemps. Je détruisais des objets et j’avais envie de mettre le feu. On m’a emmenée au centre de santé, mais ils n’ont pas su m’aider, car ils ne reconnaissaient pas mes symptômes. Je suis donc rentrée chez moi. Et là, mon mari m’a quittée. » Suite à cela, Eugénie a été transférée plusieurs fois au centre de santé, et ce, jusqu’à ce que l’association Turemeshanye la prenne finalement en charge. « Trois fois par semaine, je participe aux réunions. Les agents de santé me donnent des conseils et essaient de m’aider ». Eugénie souffre toujours de dépression. En partie, car elle n’a aucun revenu et qu’elle a du mal à nourrir ses enfants. L’association de patients sert de médiateur entre elle et son ex-mari et espère, à terme, aider Eugénie à lancer une activité génératrice de revenus. Une petite entreprise par exemple.

Eugénie, une patiente

Eugénie. ©Memisa

 

Au Burundi, Memisa fait partie de deux consortiums financés par l’Union européenne. L’activité mentionnée ci-dessus fait partie du consortium dont Memisa est le chef de file et dans lequel elle travaille avec Louvain Coopération, Enabel et Médecins Sans Vacances.

 

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